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Nous sommes des Barcarèsiens, qui aimons et protégeons ce patrimoine inaliénable de notre commune

vendredi 25 novembre 2016

Etat des lieux époque par époque: Episode 3: L'époque Moliflor

ÉPISODE 3: L'époque Moliflor.
(1981/1988)
 
Il semblait intéressant de faire un état des lieux sur notre paquebot époque par époque depuis sa mise à terre en 1967.

En 1981, Le Lydia vivote depuis déjà trois ans, son casino est fermé et Kuniko est partie depuis 1978 suite à des pressions familiales. Le paquebot  ne sert plus que d'annexe à l'hôtel Lydia Playa tout proche. 
Le groupe japonais Seïbu jette définitivement l'éponge la même année et met en vente l'hôtel ainsi que le Lydia.
Une autre époque s'ouvre alors que les casinos roussillonnais sont dans le creux de la vague. La crise se fait sentir, seul Roland Vonné et sa femme Betty, tiennent encore le cap de la nuit grâce au succès non démenti de la discothèque.

 Source crédit photo:carte postale SCPA

Le 25 février 1981, après de longues tractations qui dureront un mois et demi, le groupe Moliflor, qui gère déjà les casinos de Canet et du Boulou, devient propriétaire de la société Lydia SA.

 Source crédit photo: Carte postale PAP

le Lydia reste dans un état inchangé si ce n'est que le casino, uniquement saisonnier, se concentre au rez de chaussée avec les jeux de boule et la roulette. Roland Vonné est reconduit dans ses fonctions de gérant de la discothèque, toujours nommée Lydia-club, mais qui reçoit une toute nouvelle décoration dans le style antique grec.
La cheminée devient toute blanche, juste surmontée d'un liseré rouge.
En 1983 le casino s’agrandit et la roulette, ainsi que le baccara sont installés sur le premier pont. Au même niveau et sur l'avant, à l'emplacement de l'ancien snack "le Crésus" prend place un piano bar.
La visite des ponts supérieurs est ouverte, un musée de maquettes de bateau est installé dans l'ancien restaurant Isadora. Une boutique et un bar prennent place à l'emplacement de l'ancienne infirmerie du bord dans la superstructure arrière.

Source crédit photo: Collection personnelle de l'auteur

Las, le complexe est largement déficitaire et l'on rogne sur l'entretien. le Lydia rouille et les ponts supérieurs, qui prennent l'eau par manque d'entretien sont délaissés. 

Source crédit photo: Collection personnelle Xavier Cuvelier-Roy

 En mai 1983, le Lydia va servir pour la dernière fois de décors au cinéma. A son bord sera tournée quelques scènes du film Poussière d'empire. Le prises de vue arrivent à peine à masquer les ponts déjà très dégradés.


 Source crédit photo: Capture d'écran "Poussière d'empire" - Lam Lê

L'image du mythe commence déjà de se ternir, mais un évènement imprévu va secouer le ciel du Barcarés.
Le mardi 26 juin 1983, tôt le matin juste après la fermeture du night-club, un grand "Bang" retentit. Le Lydia vient d'être plastiqué !
Les pompiers rapidement sur place maitrisent l'incendie. M. Florenza, le gérant du casino ainsi que Roland Vonné, ne peuvent que constater les dégâts:
La discothèque est entièrement détruite, ainsi que la salle du piano bar sur l'avant. On pense tout d'abord à un accident, mais rapidement l'enquête s'oriente vers la piste crapuleuse.
Un an après, la discothèque à peine reconstruite, des plastiqueurs sont arrêtes dans les jardins du Lydia par la SRPJ. Ils voulaient à nouveau faire sauter le bateau! L'opération avait été en fait commanditée par le propriétaire d'une boite de nuit de Port-Leucate, le Krypton, à qui le Lydia faisait de l'ombre.
Après reconstruction, le Lydia-club s'ouvre désormais sur deux niveaux (rez de chaussée et premier pont). Un grand cube de béton sert désormais d'entrée et défigure la ligne du bateau. Cette verrue restera tente ans !
On a beau s'enivrer à nouveau dans la fête, le mythe n'est plus. Le casino accumule les déficits alors que les bandits manchots sont encore interdits en France.



Désormais l'entretien est négligé et hors saison la coque se couvre de rouille. Les ponts ont depuis longtemps crachés leur étoupe et tous les hauts prennent l'eau. 

Source crédit photo: Collection personnelle Xavier Cuvelier-Roy

Les chaloupes débâchées (?!) se détériorent. Le bois pourrit, le métal s'oxyde.

 Source crédit photo: Collection personnelle Xavier Cuvelier-Roy

Seule sa silhouette, au loin, impressionne et étonne. Grandeur et décadence...

 Source crédit photo: Collection personnelle Xavier Cuvelier-Roy

 Sale temps pour le Lydia...
L’ère des mutilations va bientôt débuter. 

 
 Olivier Alba

Première époque :   ICI
Deuxième époque : ICI 

vendredi 18 novembre 2016

Etat des lieux époque par époque. Deuxième période, 1974/1980



ÉPISODE 2: L'époque japonaise.
(1974/1980)
 
Il semblait intéressant de faire un état des lieux sur notre paquebot époque par époque depuis sa mise à terre en 1967.

La seconde époque commence donc en 1974 avec le rachat du Lydia par le groupe japonais Seïbu, qui le transformera, sous la férule de sa flamboyante directrice Kuniko Tsutsumi, en casino de luxe.

 Kuniko Tsutsumi,
  Source crédit photo inconnu- Photothèque Lydia-Moonta


En 1974, c'est le coup de tonnerre dans le ciel roussillonnais, un groupe japonais a racheté le Lydia !

L'affaire s'est faite quelques semaines plus tôt lors d'une réunion organisée par la DATAR, présidée à l'époque par Jacques Monot. Lors de cette réunion, il est question de relancer la Mission Racine d’aménagement du Languedoc-Roussillon en attirant les investisseurs privés. C'est là que le flamboyant directeur de la SEMETA, le sénateur Gaston Pams va pour ainsi dire imposer le Barcarès à la non moins flamboyante Kuniko Tsutsumi, directrice de Groupe Seïbu en France. Il lui montre le Lydia et déclare à la manière d'un Danton "Les Français sont trop respectueux des traditions, ici on joue l'audace".

L'affaire est entendue, le Lydia est cédé au groupe japonais pour une bouchée de pain en échange de la promesse faite de construire sur place un hôtel ainsi qu'une résidence de loisirs. Ce sera l'Hôtel Lydia-Playa et la Résidence du Soleil Levant.

Le projet de Kuniko, fille d'une des plus grosses fortunes du Japon, est ambitieux: faire du Lydia un casino de luxe qui fonctionnera en parallèle avec l'hôtel pour l'hébergement. Le Lydia devient son jouet, son chouchou, sa marotte. D'autant que « La princesse » a ses entrées. Les Yéyés font faire place aux VIP parisiennes.

De grand travaux de transformation vont être alors engagés pour adapter le paquebot à sa nouvelle mission, sans le moindre discernement et le moindre égard pour son passé. La décoration sera confiée à Michel Ambrogi et Yves Betin.

 On ne lésine pas sur le prix non plus, près de 20 millions de francs sont investis pour métamorphoser les intérieurs. La silhouette du navire subit un léger changement au niveau de la plage avant où un jardin d'hiver est créé en lieu et place de la piscine et du bar. Contre la coque et pour matérialiser l'entrée, une structure légère est construite. La cheminée arbore désormais les couleurs de l'entreprise Seïbu.


  Source crédit photo: Carte postale publicitaire Seïbu

A l’intérieur, en revanche, tout change, un pont entier est dégagé pour laisser place au casino.


 Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

Au rez-de-chaussée le night-club le "Trunk" devient alors le "Lydia-club" et reste à la même place mais avec une toute nouvelle décoration.

   Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

Toujours au rez-de-chaussée mais à l'arrière cette fois-ci prennent place une salle de boule ainsi que le bar Zig-zag:

   Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu



 Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

Au-dessus, au premier niveau, un pont entier de cabines ainsi que l'ancien "trunk store" sont démolis pour faire place au casino proprement dit, caisses, salle de jeux et à l'avant un bar nommé "le Crésus" en référence à la nouvelle destination du lieu mais aussi clin d’œil au très connu roi de Lydie. 

  Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu


  Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

  Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

Enfin, au-dessus du casino, l'ancienne salle-à-manger si typique du paquebot est démolie pour laisser place à un nouveau restaurant "l'Isadora" qui se prolonge sur la plage avant.

  Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

 Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

Le Lydia nage alors dans le luxe: artistes, jet-set et "beautiful people" se mêlent aux riches industriels sud-catalans. Les costumes sont dessiné par Karl Lagarfeld, le moindre porte clef est signé Hermès. Le cinéma s’intéressera aussi au casino du Lydia qui servira de décor pour le film l'Alpagueur de Michel Labro avec en tête d'affiche le trés populaire Jean-Paul Belmondo.

Époque dorée certes, mais surtout une coûteuse illusion qui durera à peine cinq ans. 


A la fin des années 1970, la réouverture des casinos en Espagne sonnera le glas de cette coûteuse illusion.
Plus grave encore, la gestion du casino est catastrophique et le casino est fermé en 1978 suite au retrait contraint et forçé de Kuniko à qui Tokyo a définitivement coupé les robinets financiers. 
Le  Lydia sera encore exploité trois ans par le groupe Seïbu mais comme simple annexe de l'hôtel, salle de séminaires et de conférence.  Seul le très populaire "Lydia-club", avec à sa tête l'inamovible Roland Vonné et sa femme Betty, tient le cap de la croisière nocturne.

En 1980 le groupe Seïbu jette définitivement l'éponge: Le Lydia change une fois de plus de mains et l'hôtel Lydia-playa est vendu, une nouvelle période s'annonce à l'orée des 80'...
...Reste que les nouveau aménagements, si beaux soient-ils sur l'instant, sont très marqués années 70'...

...Finies l'intemporalité d'une déco marine, l'authenticité d'un lieu unique...

Seuls subsistent encore en 1980, la timonerie presque intacte (il manque juste le compas), l'escalier, le social-hall, le salon arrière (les deux au niveau du pont promenade) ainsi qu'un pont entier de cabine qui servent de bureaux.

  Cette période est cruciale pour l'avenir du Lydia, même si à l'époque personne ne s'en rend encore compte: en le mettant à la "mode", en cédant aux "tendances" en terme de déco, on l'a condamné à vieillir...  

 le Lydia a déjà perdu une partie de son âme...


Olivier Alba
                                                                         
                   Première époque : ICI