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vendredi 19 mai 2017

Les "vies du Lydia" depuis son arrivée. Episode 5: L'époque du groupe Partouche. La fin de l'ère des casinotiers.

ÉPISODE 5: Le Groupe Partouche. 
La fin de l'ère des casinotiers
(2000/2010)



 Alors que le XXI ème siècle pointe le bout de son nez, le Lydia n'est plus que l'ombre de lui-même. Le casino est fermé, l'entretien se résume à un blanchiment à la va-vite tous les mois de juin, les embruns et l'humidité favorisent la prolifération des points de rouille et le bois est mangé par les champignons. C'est dans cette atmosphère de fin de règne que le Paquebot des sables va encore faire parler de lui. 


En effet, en 2000, le groupe Partouche, premier groupe de casinos en France va acquérir le Lydia en vue d'y rouvrir un énième casino. C'est chose faite au mois de mars de la même année. La société Lydia Invest, dont le paquebot est l'un des actifs, est acquise pour l'euro symbolique, à charge pour le groupe Partouche d'éponger les dettes qui s'élèvent alors à 20 millions de francs (source journal l'Indépendant). Rapidement un directeur est nommé et le fondateur du groupe, Isidore Partouche, rend même une visite à son 50 ème futur-ex casino. 
Lors de son arrivée, madame Partouche ne peut retenir un cri d'horreur "Isidore, tu n'as pas acheté ça !". C'est dire l'état dans lequel se trouve le Paquebot, silhouette fantomatique dressée sur une plage désertique.  
Néanmoins un dossier de réouverture du casino est déposée auprès du ministère de l’Intérieur.

Le pont des "embarcations" vu depuis la timonerie (année 2003)

 Source crédit-photo :Site ministère de la culture

Quatre ans vont s'écouler pendant lesquel rien n'est fait à bord ou presque. Pire encore, le nouveau responsable découpe et saccage des pans entiers du navire: Le mât arrière est retiré, ainsi que les bras des mâts de charge. Sur le pont des embarcations, on disque à l'envie les bossoirs et bers donnant un aspect fantomatique et vide à la silhouette déjà fort amochée du Lydia.
Bref le paquebot se transforme en jouet de baignoire. Un décor. Beau de loin mais loin d'être beau.

Les bossoir et bers d'embarcations ont été découpés ! C'est le grand vide ! (année 2003)
Source crédit-photo :Site ministère de la culture


Au bout de quatre ans, en février 2004, et après trois demandes infructueuses, le casino obtient enfin son autorisation d'ouverture.
Las. Il faut ouvrir pour la saison et à bord tout reste à faire, on va confondre une fois de plus vitesse et précipitation. Certes la coque est entièrement sablée permettant de retrouver le métal sain sous 30 couches de peintures et l'on change l'enveloppe de la cheminé complètement pourrie.

la coque est néanmoins entièrement sablée et traitée


  Source crédit-photo : © photothèque Lydia Moonta.


 
 



Source crédit-photo :photothèque Lydia-Moonta


Mais on va faire aussi n'importe quoi. Ainsi les bois vont être  sablés à l'envie, les endommageant irrémédiablement. 

On retrouve le bois du Moonta.
 Source crédit-photo : Photo Indigène
.
Pire encore, on va recouvrir les pont de lames de terrasse en bois pour "faire propre" et blanchir entièrement le paquebot, lui donnant la triste allure d'un navire-hôpital. Les fenêtres et portes sur le pont des "embarcations" sont condamnées.

Les lames de terrasse sur le pont désert...

Blanc et rien que blanc: Le navire fantôme


A l’intérieur pas grand chose de mieux: Rien à voir avec une ambiance paquebot "années folles" et les trois-quarts du Lydia restent à l'état de ruine.

 D'origine subsistent encore le social hall, l'escalier et le fumoir qui accueillent le restaurant.

Le "social hall", transformé en restaurant

La discothèque reçoit une nouvelle décoration. 

La discothèque


En fait quand on fait mal, on ne va pas très loin. C'est en substance ce qui va se passer. 

Les néons collés sur la coque: Du grand n'importe quoi !!!

En 2008, l'ouverture d'un casino à Port-Leucate, ainsi qu'une mauvaise gestion vont faire sombrer  le paquebot. Au bout de seulement 4 ans, le casino- discothèque va fermer, une fois de plus. Il s’endort alors pour une période de deux ans...   
La coque est enserrée par de nombreuses et disgracieuses constructions annexes.
Source crédit-photo :Google Earth


Olivier Alba

 

 


vendredi 12 mai 2017

Les "vies du Lydia" depuis son arrivée. Episode 4: L'époque de la Holding "Grand Sud"

ÉPISODE 4: L'époque de la Holding "Grand Sud"
(1988/2000)


 Lydi...C'est un joli nom ça ...Lydi...

 Source crédit photo: Photothèque Lydia-Moonta

 1988, Le Lydia n'en finit plus de se dégrader et de perdre de son lustre. Il ne s'est jamais vraiment remis du plasticage et Roland Vonné, l'apôtre des nuits barcarésiennes, est parti depuis trois ans. La si luxueuse décoration de l'ère Tsutsumi est complètement passée de mode, les intérieurs ne séduisent plus. Par manque d'entretien, le navire se dégrade et les frais pour une remise en état deviennent prohibitifs. Cet état de fait entraîne la mise en vente du Lydia par le groupe Moliflor qui recentre ses activités sur Canet (66). En partant, on pille le navire d'un certain nombre d'éléments qui le rendaient si caractéristique. Du mobilier luxueux disparaît et bien d'autres choses. Citons en vrac les éléments de la timonerie, le lustre de l'escalier, la superbe table en acajou de trois mètres de diamètre sur laquelle le nom ΛΥΔΙΑ est apposé.

Bref, c'est une coquille presque vide qui est vendue à la holding "Grand sud".

Malgré le fait qu'un ravalement de façade est négocié à la vente, le paquebot est simplement blanchi à la va-vite. Cette politique va être systématiquement utilisé pendant les douze années qui vont suivre.

Concernant l’aménagement intérieur, la discothèque est redécorée dans un style "industriel" et prend un nouveau nom: La Machinerie. Le gris domine, les tuyaux sont apparents. On peut toucher la coque mise à nue. 



Le casino concentre son activité au rez-de-chaussée dans la salle arrière et dans le "Blockhaus" en béton qui fait office d'entrée et qui défigure depuis cinq ans la ligne du "bateau".


Le pont B, quant à lui, fait office de salle de spectacle, dans ce qui fut le luxueux casino de l'ère Tsutsumi. De grandes salles endormies où un crépi blanc a remplacé les laques rouge tendues...


 Le pont B à l'emplacement de l'ancien casino de l'ère japonaise

 Source crédit photo: Photothèque Lydia-Moonta

Un restaurant prend place sur la plage avant: le "côté mer", à la décoration bas de gamme.

 Le restaurant

 Source crédit photo: Photothèque Lydia-Moonta


Une visite du bateau est ouverte et une exposition de coquillages prend place sur le pont B avant, à l'emplacement de l'ancien piano-bar.

Quelques mois plus tard, le casino obtient l'autorisation de se doter de bandits manchots.

Hélas rien ne va plus et ce, depuis longtemps. La station est désaffectée 10 mois sur douze. Les recettes ne couvrent pas les frais et l'on rogne sur l'entretien.

Climatiseurs et autres verrues s'accolent à la coque, cachant  encore plus la ligne du paquebot. 

En 1992, le journal local l'Indépendant s'émeut même de l'état de carcasse rouillée du paquebot qui défigure la ville. Le paquebot des sables n'est plus qu'une épave et la visite est fermée. 


 Source crédit photo: L'Indépendant

 Les ponts prennent l'eau, les bastingages se désagrègent, le bois pourri est bouffé par les champignons. Les chaloupes sont retirées du pont des embarcations et jetées! Par endroit on coule même du béton sur les ponts ! 

Côté mer (bâbord) une large esplanade en pavés autobloquants vient enserrer la coque et des constructions disgracieuses sont accolées au paquebot. Désormais côté terre ou côté mer, il est bien difficile de trouver un point de vue a peu prés acceptable pour les photos souvenir. A tel point que le Lydia disparait des cartes postales et que les Barcarésiens ont honte d'indiquer la direction du paquebot aux rares touristes qui s'enquièrent encore de sa localisation...
La même année, et face au tollé, quelques travaux de bricolage sont entrepris et une rumeur parle même de vente à un groupe "la générale immobilière."

Las l'affaire capote et le Lydia continue de se dégrader. Coup de grâce: le ministère de l'intérieur ferme les jeux en 1997

 Source crédit photo: Photothèque Lydia-Moonta
Pendant les trois années qui vont suivre, le paquebot fantôme ne sera plus que l'ombre de lui-même: L'enseigne lumineuse s'effondre, la cheminée se perce, tous les hauts, fermés, se désagrègent dans l’indifférence. Le déficit d'exploitation devient abyssal.
 

La timonerie...

 Source crédit photo: Photothèque Lydia-Moonta


Le pont des "embarcations"

  Source crédit photo: Photothèque Lydia-Moonta


Pourtant, en 2000, le groupe Partouche, l'un des deux grands groupes de casinotiers français, se porte acquéreur du paquebot des sables...

Le Lydia n'a pas fini de mourir... 

   Olivier Alba