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Nous sommes des Barcarèsiens, qui aimons et protégeons ce patrimoine inaliénable de notre commune

vendredi 28 juillet 2017

Août 1978, les Pieds Nickelés s'emparent du Lydia. Episode1

En 1978, le dessinateur Pellos fait un séjour sur la station de Port-Barcarès dans le cadre d'une résidence d'artiste. Son séjour lui inspirera une histoire: Les Pieds Nickelés sur le Lydia, parue dans un petit fascicule nommés "Trio" en août 1978. Le luxueux casino n'a plus que quelques mois à vivre mais ça nos personnages l'ignorent. On y croise notamment une certaine Kuniko Tsutsumi...


Dans cette aventure les trois compères, Filochard, Ribouldingue et Croquignol sont en séjour à Port-Barcarès:


...Alors que les trois compères piquent un somme, c'est la surprise...


Ils n'en croient pas leurs yeux!



...Mais rapidement leur nature profonde prend le dessus et, lorsqu'ils apprennent que c'est un casino, les trois comparses échafaudent un plan...









Quel stratagème vont-ils mettre en place?..........

..............La suite la semaine prochaine.......

Olivier Alba


vendredi 21 juillet 2017

Il y a cinquante ans au Barcarès...



Il y a de ça cinquante ans tout juste, le dimanche 11 juin 1967, Le Lydia est en vue de sa dernière escale, celle qui fera de lui le "Paquebot des sables!".








 
Dans les semaines qui précédaient l'opération de mise à terre du paquebot, il avait fallu préparer le terrain, c'est à dire faire creuser par une drague flottante, un chenal de 600 m de long et 7 m de profondeur. Pour amener celle-ci de l’étang de Salses à la mer, on a fait lui fait donc parcourir  750 m sur le sable, sur des boudins gonflés d’air.

 










Parti de Marseille la veille et accompagné de deux remorqueurs (le Provençal 6 et le Phocéen ), le Lydia arrive en vue du Barcarès  le dimanche 11 juin 1967 au petit matin. 



Première étapes de l'échouage, des câbles sont fixés à la proue du paquebot, puis fixés à terre à de puissants engins de chantier, tandis que les remorqueurs se fixent à l'arrière du navire afin de maintenir l’axe du chenal. La Tramontane, tout de même un peu forte, ne facilitant pas les opérations



Enfin, les engins de chantier se mettent à tirer le paquebot. 

Bien aligné face au chenal par la poussée des remorqueurs, le Lydia avance doucement entre les bouées qui marquent les limites du chenal d'accés. Une élingue se rompt soudain sous l'effet du vent et le navire se met à dériver, risquant de s'échouer. Sur la plage la tension est extrême tandis que les deux remorqueurs interviennent pour le remettre dans l'axe. Plus de peur que de mal mais lorsque le sénateur se retourne, autour de lui tous les ingénieurs étaient livides. Fausse alerte !


















Les opérations ne sont néanmoins pas terminées. Mètre après mètre, Le Lydia pénètre à l’intérieur des terres suivi comme son ombre par le Provençal 6. Malgré quelques frayeurs dues essentiellement à la Tramontane qui ne faibli pas, le Lydia s’immobilise à l’emplacement prévu, et le Provençal 6, peut décrocher sa remorque et regagner avec la pleine mer.






Les techniciens qui commandaient la manœuvre, n’en ont pas fini pour autant. Le Lydia flotte à cent mètres à l’intérieur des terres certes, mais plusieurs opérations successives doivent encore le faire pivoter, puis le surélever pour amener la ligne de flottaison au niveau de la plage soit 3 mètres au-dessus du niveau de la mer. Enfin, il s'agit de l’immobiliser définitivement dans son lit de sable. Le planning prévoit que l'échouage sera achevées le 30 juin.



Les bulldozers entreprennent d’abord de combler le chenal et de refermer le port pour isoler le Lydia de la mer, ce qui est terminé deux jours plus tard. La drague, qui joue le rôle de pompe géante, intervient alors et comble une partie de ce qu’il reste du petit port remplaçant l’eau par le sable. 








Phase suivante : une digue de sable, recouverte de bâches de plastique, est élevée tout autour du lit du Lydia.





La drague y déverse bientôt des centaines de mètres-cubes d’eau et le Lydia s’élève peu à peu, comme dans un sas d’écluse.  Sa ligne de flottaison est à présent au-dessus du niveau de la plage et il peut être lentement amené par les bulldozers à la verticale du berceau qui lui a été confectionné. Il suffit dès lors de pomper l’eau pour qu’il vienne délicatement s’y poser.  





Au final, la drague et les bulldozers feront enfin disparaître toute trace du port .





Le «Paquebot des sables» est né!




Bon anniversaire le vieux !!!



Olivier Alba

dimanche 16 juillet 2017

Faisons connaissance




Dernière mise-à-jour : 03.12.2016

Ce blog, animé par plusieurs "fans" du Paquebot des sables, les uns de véritables experts, les autres de simples admirateurs, a pour légitime ambition d’œuvrer pour la sauvegarde de son patrimoine matériel, historique et culturel, dans l'environnement qui est aujourd'hui le sien, ensablé à vie au Barcarès (Pyrénées-Orientales, France).

Différents sujets apparaîtront au fil du temps et des circonstances, histoire, projets et réhabilitation, restaurations et déprédations, annonces, actualités, etc.

Tous nos articles sont signés par leur auteur, l'indication de la source des illustrations indiquée, les justificatifs et références bibliographiques indiquées. 

Une page facebook est ouverte, dans laquelle nous publions très régulièrement une rubrique dans le style "brèves de comptoir", LYDIA-MOONTA MAGAZINE.

Ce blog est placé sous l'égide de l'A.A.M.L. (Association des Amis du Moonta-Lydia). Il est  indépendant, asservi à aucune structure que ce soit une association autre que l'AAML, un parti politique, une organisation civile et territoriale, etc.


Tout visiteur peut intervenir à la faveur de "commentaires" qui seront modérés dès l'instant  où ils porteraient atteinte à la morale, se commettraient à des attaques ad-nominem de façon injurieuse ou diffamatoire. Attention à ne pas confondre commentaires et forum !

Tout visiteur pourra proposer un article dans le cadre strict de notre objectif, la sauvegarde du patrimoine matériel et culturel du paquebot, lesquels seront publiés après approbation du collège des administrateurs. Ces articles devront impérativement être signés et seront édités sous la seule responsabilité de leur auteur.

Ces mises-aux-points terminées, inévitablement rigides mais nécessaires pour une belle et bonne aventure, un bon  cap, nous vous souhaitons la bienvenue et vous remercions à l'avance de l’intérêt que vous apporterez à nos travaux. 

Et pour la circonstance, hissons le grand-pavois !


Et s'il vous plait de nous rejoindre, nous en serions  très heureux !





Les Administrateurs

                                                                                  

vendredi 7 juillet 2017

Le deuxième vie du Lydia: La période grecque.


Aprés 24 ans de bons et loyaux services au sein de l'Adélaïde Steamship Co Ltd, Le Moonta est mis en vente par la compagnie australienne. 

Un temps utilisé comme ferry en remplacement du Taroona, il trouve au bout de six mois acquéreur auprès d'un armateur grec, la Hellenic Méditerranéan Lines (ELMES). Celle-ci prend possession du navire à Melbourne le 21 décembre 1955 et le bateau est rebaptisé Lydia, du nom d’une ancienne province grecque de l’antiquité.

Le navire appareille alors pour le Pirée, son nouveau port d’attache. A Adélaïde, le Lydia embarque un équipage grec qui doit se familiariser avec le navire.

Le Lydia après transformations au Pirée

Dans les hommes embarqués, le célèbre écrivain de marine grec Nikos Kavvadias (Νίκος Καββαδίας) connu notamment pour son roman très noir «Vardia » (Le Quart) paru l’année précédente.

Le nouvel armateur s'extasie même de l'exceptionnel état dans lequel se trouve le paquebot nouvellement acquis le jugeant même "d'une propreté de haut niveau presque exagérée" (sic) 

Embarquement

 Le navire retraverse donc la moitié du globe pour joindre les eaux de la Méditerranée qu’il avait visité une première fois 24 ans plus tôt. Arrivé en Grèce, il passe par les chantiers du  Pirée où il subit quelques transformations pour l’adapter à sa nouvelle destination: une navigation à travers la Méditerranée. La capacité est doublée, passant de 157 à 280 passagers, et l’on installe quatre canots supplémentaires, portant le chiffre total d’embarcations de sauvetage à huit. Sa plage arrière est elle aussi modifiée  pour recevoir, en lieu et place de l’ancien espace de tennis de pont, une petite dunette accueillant des cabines équipage supplémentaires ainsi qu’une infirmerie.



Le navire est divisé en trois classes: 51 passagers en première classe, 106 pour la classe «touriste» et enfin 123 en troisième classe qui s’entassent dans un grand dortoir à lits superposés situé sur le pont B au-dessus des cales avants. Il est aussi prévu que le paquebot puisse emporter 180 «embarquants» supplémentaires en «plein air» sur la plage avant, et ce uniquement pour de courtes traversées. Rien n’indique d’ailleurs que cette éventualité ne fut réellement utilisée un jour… On peine à imaginer le Lydia chargé à ras les pavois de 460 passagers.

Au printemps 1956, il reprend enfin du service sur le trajet Le Pirée/ Venise/Brindisi/ Alexandrie, mais très rapidement il est affecté à une autre ligne reliant Marseille à Beyrouth, avec escales à Gênes, Naples, Le Pirée, Alexandrie et Limassol Chypre). Au retour, il ajoute une escale à Port-Saïd, au débouché du canal de Suez. 

 
 


 Dés son entrée en service le Lydia va être pris dans les tourments de l'histoire car, en 1956, suite à la privatisation du canal de Suez, il va embarquer dans un premier temps les familles des européens qui travaillaient pour la compagnie du canal, mais aussi par la suite, les juifs égyptiens que Nasser a désigné comme Personna non grata suite à la guerre contre l'état d'Israël et l'opération franco-britannique de Suez. (voir notre article : ICI )




Ces événements passés, le Lydia retrouve la tranquillité de son périple autour de la Mare Nostrum sans incident notoire.

La ligne du Lydia en Méditerranée.
 
Seul changement, le navire reçoit quelques mois plus tard une nouvelle livrée grise, couleur plus adaptée au climat méditerranéen et couramment employée dans la marine commerciale grecque. A cette occasion la dunette est surmontée d'un coupe-vent sur son avant pour rendre l'endroit plus agréables aux classes "touristes" qui sont seuls à profiter de la partie arrière du paquebot.

La livrée grise du Lydia
 

A l'orée des années 1960, le monde change et les anciennes première classe et classe touriste sont refondues en une seule «uniclass», plus en accord avec les mentalités de l’époque.



Ce trajet à travers la Méditerranée ne dure que dix ans et en décembre 1966, le  Lydia, regagne définitivement le Pirée après 35 ans de service à la mer, dans l’attente d’un acheteur ou plus probablement du départ pour le chantier de démolition...

...C'est là que va se jouer le fabuleux destin de celui qui va devenir le Paquebot des sables...




Olivier Alba